L’hypersensibilité est décrite comme une force et c’est le cas. Cependant le tableau n’est pas toujours idyllique, loin de là. Parce que les événements sont vécus intensément, les changements qui opèrent au tréfond, ressemblent souvent à de véritables tsunamis émotionnels. De grands chambardements intérieurs. L’angoisse s’invite alors, qui peut nous mettre à terre tant les ressentis sont exacerbés. Lorsque le malaise est là, que les peurs s’invitent dans leur excès, la personne hypersensible sait que voilà, le grand chambardement reprend, il y a de la transformation dans l’air. Mais tout finira par passer, y compris les crises d’angoisse ; cependant il est utile d’ apprendre à traverser l’orage pour en ressortir plus fort. Éclairages dans cet article sur hypersensibilité et angoisse et la façon de vivre cette expérience en conscience. 

Quand la vague submerge

Elle surgit sans crier gare, vous attrape entre ses serres et vous y maintient des heures, des jours, des nuits…

On ne l’a pas vu venir, on ne comprend pas tout de suite, mais on la ressent. C’est comme un étau, comme une remontée des profondeurs de nos fosses septiques personnelles. Un truc nauséabond, un mal-être profond qui ramène à la surface l’empreinte toujours sensible d’un passé archaïque.

Lorsqu’on commence à mettre du sens sur ce qui se passe, on est encore dans le tourbillon. Un peu comme dans une vague qui nous emporte cul par-dessus tête. Où est la surface ? Où est le fond ? Aucune idée.

Les remugles viennent par salves, sans relâche. Tout y est mélangé : les événements actuels et ceux qui datent des calendes grecques.

Quelque chose dans ton présent a allumé le feu sous la casserole et ça brûle.Et ça pue. Et c’est violent, et c’est douloureux. Mais c’est bien ce qui signe la transformation profonde dans ton hypersensibilité et avec l’angoisse. 

Hypersensibilité et angoisse : une invitation à accueillir les émotions et le tumulte intérieur

Tu es hypersensible ? À ce stade, tu as le choix.

  • Ou tu te bats contre, tu la refoules, tu tentes de la noyer dans l’alcool, de l’enfouir dans ton assiette, de l’oublier dans la fumée, tu fais appel à toute ta force mentale et tu tentes de rebondir en regardant ailleurs.
  • Ou tu l’accueilles et tu plonges dans la fosse, tu te laisses emporter par la vague à la rencontre de ta peur, tes doutes, ta solitude.

Dans le premier cas, tu mets tellement d’effort et d’attention à fuir ces odeurs de fond de cuve, ce courant qui t’aspire, tu y opposes un NON tellement fort que les effets vont prendre de l’ampleur. Parce que ce sur quoi tu portes ton attention, ton énergie, va prendre de l’importance. La repousser, la refuser ne fera que la renforcer. Tu lui fermes la porte, mais elle reviendra par la fenêtre. 

Dans le second cas, tu as choisi d’accueillir ce qui arrive, ou tu n’as pas le choix tant tu es paralysé par l’ascenseur des émotions. Nommer l’angoisse permet déjà de la mettre un peu à distance. Cependant on reste encore pris dedans.

Commencer par se laisser emporter par le tourbillon

Dans la gestion de l’hypersensibilité et l’angoisse, il y a deux étapes.

🤷‍♀️🤷 Dans un premier temps, il s’agit d’accepter d’être pris par la vague. Ne même pas essayer de se débattre, du sable plein le maillot. Et -Rester là –

😞Il y a à accueillir les remontées nauséabondes. C’est un moment difficile, on n’imaginait pas le (re)vivre, mais dans la réalité, C’EST. Et – Rester là –

😮‍💨 Prendre soin de soi en revenant dans le corps : Marcher, dans un parc ou dans les bois, danser sur une musique inspirante, nager en longues brasses coulées, s’étirer, respirer avec elle comme compagne. Prendre de longs bains en immergeant ses oreilles. Diminuer radicalement les excitants : café, alcool, tabac, sucre… Attention aux psychotropes qui n’aident pas à aller au bout du processus. Manger sain, vivant et vitaminé. Poser les écrans le soir et choisir un roman sympa. Et – Rester là –

Et ensuite se questionner sur le sens de cette angoisse 

 🤔 Quels sont les évènements qui ont participé à mettre le feu aux poudres ? Attention, ça peut partir dans tous les sens. Il est probable que plusieurs choses y ont participé, évoquant toutes la même difficulté. NE PAS SE JUGER. Enfin… Essayer.

✍️ Écrire ce qu’on ressent, ce qui se passe en nous et les évènements suspectés d’avoir déclenché le truc.

☎️ Appeler un.e bon.ne ami.e qui saura vous écouter, et parler de ce que vous vivez. Parfois s’écouter dire les choses à haute voix nous permet un peu plus de clarté.

Profiter de l’oreille neutre et attentive de son thérapeute pour mettre du sens sur ce qui tourmente autant.

🧘‍♀️ Rester dans ce qui relève de sa responsabilité sans blâmer quelqu’un d’autre. Certes si quelqu’un a été le déclencheur, vous vous sentirez mal. Mais qu’est-ce qui, dessous, vous met dans cet état ? De quoi est-ce que ça parle chez vous ? 

Je le sais, tu le sais, nous le savons, ça ne durera pas. En accueillant son angoisse d’hypersensible, on avance plus rapidement. Il faut comprendre que quelque chose en toi est en train de demander à être dans la conscience. Il y a à l’accepter. Peut-être est-ce un deuil, une action à poser, un cadre, un non, un changement de cap à amorcer ? En tout cas, c’est souvent une invitation à être plus juste en soi, plus aligné avec qui l’on est au fond. C’est un mal nécessaire. Une crise. Un passage. Un tournant.

S’arrêter au milieu ne fait que retarder le processus, car inévitablement, il reviendra. En lui permettant de te révéler ce qui se trame au fond, ce qui n’est plus aligné et te bouleverse, tu favoriseras l’apaisement et l’action appropriée.

Vous le savez, une personne hautement sensible vit ses transformations intensément. Elle en sort exténuée, rincée, essorée. Soit. C’est notre façon d’avancer. Comprendre le processus, clarifier ce qui est déclencheur plutôt que de rester focalisé sur les symptômes et souvent la honte « d’en être encore là », permet une autre lecture. L’angoisse est une invitation à s’arrêter et à décrypter ce que ton cœur essaie de te dire. Ça fait très peur et c’est vraiment inconfortable, mais ça vaut le coup de s’y attarder. Au vu des bénéfices, j’insiste : ça vaut même carrément le coup.

Pour compléter cette lecture sur l’hypersensibilité et l’angoisse, visitez les autres articles de mon blog

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Sophie Schlogel