Stress Oxydatif

Stress Oxydatif

Dans « stress oxydatif », le mot « stress » n’a pas la même signification que le stress psychique ou psychosocial. Il s’agit d’une agression chimique oxydative de notre organisme, due à un excès de molécules particulièrement nocives que l’on appelle les radicaux libres et qui viennent de l’oxygène que nous respirons pour vivre.

Cette oxydation dénature nos protéines, nos lipides, nos sucres et même notre ADN, et par là, nos membranes cellulaires et nos cellules qui,  « rouillent » de la même façon qu’une pomme fraiche coupée en deux, abandonnée à l’air libre.

Cette agression de nos cellules est une des causes essentielles de notre vieillissement. En quelque sorte nous vieillissons parce que nous nous oxydons… Le stress oxydatif est donc un phénomène normal, dépendant de la production dans nos cellules de molécules oxydantes et de nos capacités anti oxydantes. Certains s’oxydent plus et plus vite que d’autres. Certains vieillissent plus, plus vite que d’autres.

STRESS OXYDATIF ET XÉNOBIOTIQUES

Dans notre monde moderne, cependant, le stress oxydatif est favorisé par ce qu’on appelle, les xénobiotiques Ce sont des molécules chimiques polluantes et toxiques, même en très petites quantités. L’organisme a du mal à les éliminer, ne peut pas les métaboliser, ils restent donc dans le foie et les tissus.

On  trouve les xénobiotiques dans les :

  • Pesticides
  • solvants
  • Médicaments
  • Vaccins
  • Amalgames et alliages dentaires
  • Antibiotiques
  • Irradiation (UV, Rayons X)
  • Perturbateurs endocriniens : les hormones circulant dans l’eau, les légumes, …
  • Métaux lourds : Mercure, plomb, aluminium, cadmium, ….
  • Monoxyde de carbone
  • Composants de la fumée de cigarette,
  • Polluants atmosphériques
  • Additifs alimentaires,
  • Matières plastiques

Sept catégories d’agents chimiques sont aujourd’hui reconnus* responsables de la chronicité des cas d’hypersensibilité chimique multiple (MCS) ainsi que d’autres maladies multi-systémiques apparentées.  Parmi ceux ci :

  • La très grande famille des solvants organiques et les composés apparentés, ainsi que trois catégories de pesticides (carbamate/organophosphorés, pyretroids, organochlorés)
  •  Le mercure et le monoxyde de carbone.
    Ces quatre catégories de produits généreraient une même réponse de l’organisme ; un cercle vicieux biochimique, induisant une augmentation considérable du stress oxydatif.

STRESS OXYDATIF ET MÉTAUX LOURDS

Les métaux (aluminium, mercure, nickel, plomb, baryum, étain, arsenic, cadmium..) deviennent un problème important de santé public essentiellement parce qu’ils sont de plus en plus présents dans notre environnement. Dans l’air, dans l’eau, dans les légumes, certains vaccins et médicaments et dans les amalgames dentaires.
Certains métaux sont toxiques parce qu’ils interagissent avec nos enzymes. Il existe plus de deux mille enzymes différentes dans notre organisme, qui facilitent les quelques 100 000 réactions chimiques par seconde de chaque cellule de l’organisme (100 milliards de cellules dans l’organisme) – et toutes réagissent avec le mercure. Les enzymes mitochondriales sont nombreuses à être inhibées par le mercure. Il s’ensuit une diminution de la production d’ATP (énergie) et les cellules ne peuvent plus accomplir correctement leurs fonctions. Les cellules survivent, mais elles sont malades.
En diminuant la protection anti-radicalaire des cellules, les métaux lourds favorisent le stress oxydatif cellulaire et accélèrent le vieillissement et de nombreuses pathologies liés aux radicaux libres.

D’autres métaux, comme le cadmium ou le sélénium, génèrent des molécules oxygénées très réactives, donc ils engendrent par eux-mêmes un stress oxydant.

LA THÉORIE DU CYCLE NO/ONOO DU PR MARTIN PALL

Le professeur Pall explique dans son livre « Explaining unexplained illness », le cercle vicieux qui se met  en place dans les Troubles neuro fonctionnels. Il a étudié et mis a jour un des mécanismes commun au MCS/Fatigue Chronique(CFS)/ Fibromyalgie(FM)/syndrome de la guerre du Golfe , etc : le stress oxydatif.

Explication :

Le NO (oxyde nitrique) est produit par la cellule, à partir de l’acide aminé, l’arginine, sous l’influence de la NO synthase (il y a trois NO synthases (NOS), une endothéliale, une inductible et une neuronale).

Le NO diffuse dans la paroi, pénètre dans la cellule musculaire lisse dans laquelle il exerce une fonction relaxante, et donc agit en tant que vasodilatateur. Le principe majeur du fonctionnement du NO est qu’il est protecteur à faibles concentrations et toxique à fortes concentrations. À faible concentration il agira directement et rapidement, tandis qu’à forte concentration il aura le temps de réagir avec d’autres molécules en particulier les radicaux libres pro-oxydants (générant des espèces radicalaires toxiques dont le ONOO, ou peroxyde nitrique, qui lui même, par des réactions en cascades, va donner naissance à des molécules pro-oxydantes NO2, NO3.

Le ONOO- est capable d’augmenter le stress oxydatif cellulaire et d’induire des modifications chimiques de certaines protéines, modifiant leurs propriétés biochimiques. Ainsi, dans une situation physiologique normale, le NO assure un rôle protecteur, mais en situation de stress oxydatif (agression xénobiotiques, UV, chaleur, inflammation, infection….) les radicaux libres oxygénés neutralisent les effets bénéfiques du NO en se combinant avec lui. Si ces conditions s’aggravent, la production de NO est en excès et se combinant aux radicaux libres oxygénés donne naissance en trop grande quantité à ONOO- qui participe par un cercle vicieux à l’installation des dysfonctionnements cellulaires et donc de la pathologie. Ce qu’il faut bien saisir c’est que l’homéostasie du NO est étroitement liée aux radicaux libres générés par différents stress dont l’intoxication aux polluants. Et que, la combinaison du NO avec ces radicaux libres donne naissance à ONOO- lui même activateur de réactions délétères.

 

 

** Une étude récente réalisée par l’équipe Romaine (De luca et al, avril 2010 Epub) démontre que 3 éléments du cycle sont plus élevés chez les patients atteints de MCS que chez la population générale. Ces éléments sont : les cytokines inflammatoires, l’oxyde nitrique et le stress oxydatif. Ces résultats corroborent le mécanisme de la maladie proposé par M. Pall.